Wi-Fi: sécurité et modes
Définition
Sécuriser un réseau sans fil signifie authentifier les clients, chiffrer l'air et protéger la gestion des clés. Les familles se suivent: WEP (802.11, 2003, cassé), WPA, WPA2 (802.11i) en deux modes (PSK partagé ou Enterprise 802.1X par RADIUS), et WPA3 (certification Wi-Fi Alliance 2018, obligatoire en Wi-Fi 7). Le mode ouvert avec portail captif reste un choix pour les invités publics.
Pourquoi WEP est mort
WEP utilise RC4 avec un IV de 24 bits: après environ 5 à 10 minutes de capture, les collisions d'IV permettent de reconstruire la clé (outils: Aircrack-ng). Il faut le considérer comme absent: aucun équipement certifié 200-301 ne doit l'exhiber en production.
PSK vs Enterprise
| Critère | WPA2/WPA3-Personal (PSK) | WPA2/WPA3-Enterprise (802.1X) |
|---|---|---|
| Clé | une passphrase partagée | identité par utilisateur |
| Serveur | aucun | RADIUS (ISE, FreeRADIUS) + certificats |
| Mécanisme | SAE (WPA3) ou 4-way handshake (WPA2) | EAP: PEAP-MSCHAPv2, EAP-TLS |
| Révocation | changer la phrase, reconfigurer tout le monde | désactiver le compte |
| Usage | maison, petit bureau | entreprise, campus |
En entreprise, EAP-TLS avec certificats clients est la méthode la plus forte (pas de mot de passe volable); PEAP-MSCHAPv2 reste le compromis courant avec AD. Sans fil + 802.1X en filaire se recouvrent: le thème aaa_et_802_1x complète ce sujet.
Les attaques classiques et les parades
- Evil twin: un faux AP avec le SSID de l'entreprise; parade: EAP-TLS, le client vérifie le certificat du serveur RADIUS.
- Handshake capture / KRACK: parade: WPA3-SAE résiste à l'offline dictionary (l'équivalent Dragonfly impose un échange par tentative); patches clients pour KRACK.
- WPA3 transition mode: un SSID accepte encore WPA2; le downgrade reste possible. En Wi-Fi 7, la certification exige WPA3: transition mode à proscrire en production sensible.
- PMF (Protected Management Frames, 802.11w): chiffre/authentifie déauth et désassociation: fin des
aireplay-ng --deauthqui déconnectent toute une salle. WPA3 l'impose, WPA2 le propose (sae require/ PMF required sur le WLAN). - Rogue AP: un AP non autorisé dans l'ESS; parade: WLC mode monitor + wIPS qui alerte sur le BSSID inconnu.
WPA3 en détail
- SAE (Simultaneous Authentication of Equals) remplace le 4-way handshake PSK: protection contre dictionary offline, forward secrecy.
- WPA3-Enterprise 192-bit: suite CNSA (AES-GCM-256, ECDSA P-384) pour les gouvernements.
- OWE (Opportunistic Wireless Encryption, RFC 8110): chiffrement sans mot de passe dans un open network (Wi-Fi Enhanced Open): l'air n'est plus en clair, l'authentification reste au portail.
Configuration type d'un WLAN sécurisé (WLC Catalyst 9800)
wlan CAMPUS-ENT 10 CAMPUS-ENT
security wpa wpa2 ! WPA2 Enterprise
security akm suite dot1x ! 802.1X
security authentication open ? ! non: authentification par RADIUS
radius server 10.1.5.20 key 7 0822455D0A16
! c'est sur ISE que vivent les policy sets (EAP-PEAP, AD, posture)
Côté invité, un SSID séparé en PSK ou OWE, VLAN dédié hors du réseau interne, et portail captif: la séparation par SSID/VLAN empêche un invité de toucher la data employé.
Exemple concret
Un cabinet comptable passe son unique SSID de WPA2-PSK "Cabinet2024!" à WPA3-Personal avec PMF requis. Bénéfices mesurables: plus aucune capture de handshake exploitable hors-ligne, les déauths en masse (voisin malveillant, outil d'audit) disparaissent car les frames de gestion sont protégées. Effet de bord: deux anciens lecteurs de badges radio en 802.11g ne s'associent plus; ils sont isolés sur un SSID legacy bridgé vers un VLAN IoT.
Pièges d'examen
- WPA ≠ WPA2: WPA utilisait TKIP; TKIP est interdit, AES-CCMP minimum.
- WPA2-PSK "fort" avec passphrase courte (moins de 12 caractères) est quand même cassable par dictionnaire hors-ligne: les 4-way handshakes capturés se testent sans être connecté.
- Le mode "open" sans chiffrement existe toujours pour les portails: répondre "chiffré" sur un hotspot public est faux, la sécurité vient du HTTPS côté applicatif.